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Communication Mentorat Toastmasters

Comment accompagner efficacement la création d’un club Toastmasters? (2ème partie)

Dans cet article, nous allons décrire en détail le processus d’accompagnement présenté dans la première partie de ce dossier

L’accompagnement SpeechCraft  pour créer un nouveau club se déroule en plusieurs phases successives.

VEILLER AU NOMBRE ADÉQUAT DE FORMATEURS

Avant de s’engager dans l’accompagnement SpeechCraft, la communauté Toastmasters doit se sentir capable de fournir le service proposé. Pour cela, il faut tout d’abord recruter l’équipe de ceux qui animeront les ateliers de la formation. A minima, deux personnes sont nécessaires pour assister aux 6 séances de formation.

Ce tandem désignera l’un d’eux comme référent de la formation. Les deux personnes peuvent se déclarer comme sponsors du club. Elles recevront ainsi les unités de valeur requises pour l’obtention de degrés Toastmasters. La séance suivante a besoin d’au moins trois autres personnes. En effet, les formateurs tenant la plupart des rôles lors de ces séances, il faut une présence suffisamment nombreuse. Progressivement, ils s’effaceront devant les membres du nouveau club qui prendront progressivement tous les rôles d’une réunion.

Ainsi, lors des séances 3 et 4, une seule personne, en plus des deux permanents, est nécessaire. Les deux dernières séances, 5 et 6, ne demandent la présence que des deux permanents.

CONVAINCRE LES (FUTURS) RESPONSABLES DU CLUB

L’accompagnement SpeechCraft peut être payant. C’est souvent le cas pour les clubs d’entreprise. Il faut donc convaincre les décideurs de La valeur de cette formation. Pour cela, un argumentaire basé sur le billet précédent est un bon point de départ.

Ensuite, un embryon de bureau de club doit exister, car de nombreuses activités sont à réaliser dès le démarrage. Choisir une salle, rédiger les statuts de l’association et ouvrir un compte en banque concernent les clubs de ville. Attirer les invités et programmer les séances sont aussi importantes. Le nombre minimum pour ce bureau est de trois personnes, le nombre idéal étant de 5. Elles doivent rapidement maîtriser la méthode Toastmasters.

ÉLABORER LE PLAN DE LA FORMATION

Une fois le principe de SpeechCraft retenu par le club et l’ébauche du bureau constituée, le référent SpeechCraft peut s’attaquer à l’élaboration du plan détaillé de la formation[1]. En parallèle, il faut (faire) remplir le formulaire « Application to organize », accompagné d’un versement de $125, afin que le club acquière le statut “prospectif”, condition sine qua non pour enregistrer les sponsors.

Le client peut alors être facturé. Seuls les clubs, et non pas les individus, bénéficient des paiements liés à la formation SpeechCraft. C’est la règle Toastmasters. Il ne reste plus qu’à envoyer le support de formation (en français ou en anglais selon la langue pratiquée par le club).

BIEN PRÉPARER LES RÉUNIONS

Le référent prépare l’ordre du jour des premières réunions. Pour les premières séances, la programmation se fera “à la main ” sur un tableau Excel. Lors de la première séance, tous les rôles, sauf celui de chronométreur et des improvisateurs, sont remplis par les formateurs. A la séance suivante, les membres du club tiennent les rôles techniques et prononcent des discours. Les formateurs conservent les rôles d’évaluation et de maître de cérémonie.

Cinq minutes sont consacrées à la fin de chaque séance à préparer la réunion suivante. Tous les rôles sont distribués sur la base du volontariat.

UTILISER EASYSPEAK

Une étape importante de cette phase, une fois que le club a acquis le statut de prospectif et dispose d’un numéro de club, consiste à initialiser ses paramètres sur EasySpeak. Pour cela, il existe des commandes qui permettent de télécharger le profil des membres et les discours qu’ils ont déjà prononcés. Une fois cette opération réalisée, il convient de faire parvenir aux membres leur login ainsi qu’un mode d’emploi sommaire d’EasySpeak. La programmation des réunions s’effectuera ensuite avec EasySpeak plutôt qu’avec l’outil Excel.

Comme pour les réunions d’un club normal, il est utile d’envoyer, quelques jours avant la réunion, les principales instructions pour tenir les rôles avec des renvois sur la documentation, ainsi que la fiche d’évaluation du Briser la Glace (en français ou en anglais) de façon que les orateurs puissent enregistrer leur discours lorsque le club sera officialisé. La première fois, il peut être utile de leur donner le document “Un Toastmaster porte plusieurs casquettes” (en français et en anglais)

ASSURER LE SERVICE APRÈS VENTE

Le coaching du bureau se fait au fil de l’eau, avec une attention particulière portée au VP Formation afin qu’il maîtrise les fonctions nécessaires à la régulation de la programmation.

A la fin de la formation, le club devrait avoir atteint le seuil des 20 membres nécessaires pour être officiellement reconnu par Toastmasters. Il faut alors remplir les formulaires nécessaires pour cela et les envoyer à Toastmasters International. Un mentor du club continue le coaching du club pendant six mois. Ce n’est d’ailleurs pas obligatoirement un membre de l’équipe de formateurs. Il veille à la qualité des séances, en aidant le VP Formation à motiver les membres du club.

POUR ALLER PLUS LOIN

Créer de nouveaux clubs devrait être la mission d’un Toastmaster soucieux de faire profiter le plus grand nombre des bénéfices de la méthode. L’approche que nous avons présentée dans ces deux articles facilite la création de ces nouveaux clubs.

Si vous êtes vous-même intéressé(e) par la création d’un club, venez assister à une de nos réunions pour y rencontrer les membres qui participent à cette aventure. C’est ici.

[1] Pour accéder au document correspondant à ce lien, ainsi qu’aux documents suivants, il faut cliquer sur le lien en maintenant la touche Ctl enfoncée puis sur “Annuler”

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Communication Toastmasters

Comment accompagner efficacement la création d’un club Toastmasters? (1ère partie)

L’engouement actuel pour la prise de parole en public rend nécessaire d’accompagner efficacement la naissance de nouveaux clubs Toastmasters

L’éloquence est à la mode. En témoignent les nombreux films et émissions télévisées ou de radio consacrés à la prise de parole en public. Cela se traduit par un afflux de demandes d’adhésions à nos clubs Toastmasters et par la création de nouveaux clubs.

Pour accompagner la création de ces clubs, nous avons développé une approche que nous allons décrire dans cet article et le suivant.

LES DÉFIS D’UN NOUVEAU CLUB

Il y a quelque temps, 150 personnes étaient en attente d’une visite dans notre club l’Etincelle. Et pourtant aucune publicité particulière n’a jamais été faite en dehors du bouche à oreille. D’ailleurs, aux Etats-Unis, le berceau de Toastmasters, il existe un club pour 35.000 habitants en moyenne. Donc, dans un département comme le Val-de-Marne, il devrait y avoir 37 clubs. Or, il n’y en a qu’un seul aujourd’hui, à Créteil.

Le potentiel est donc immense et la question se pose sur la manière d’accompagner efficacement la naissance de nouveaux clubs. Car un nouveau club se doit d’atteindre rapidement le nombre optimal de 30 membres. En effet, ce nombre magique permet d’assurer une présence nombreuse aux réunions. Et que chaque membre présent puisse prendre au moins une fois la parole.

Or, quand un club démarre, ses premiers membres sont, en général, tous débutants et, à de rares exceptions, personne ne connaît bien les subtilités de la méthode Toastmasters. De ce fait, les réunions sont moins productives et attirent moins de nouveaux membres. Cela ralentit la croissance du club. Même la présence d’un ou deux membres expérimentés (« sponsors » dans le jargon Toastmasters) n’est souvent pas suffisante, comme en témoignent les longues années qu’ont mis les nouveaux clubs créés dans la région parisienne pour atteindre la masse critique.

UNE SOLUTION : SPEECHCRAFT

La solution que nous avons mise au point consiste à former à la méthode Toastmasters, en 6 séances, les premiers adhérents d’un club afin qu’ils soient capables, à leur tour, de former de nouveaux membres. Au cours de ces séances, ils apprennent à trouver des idées pour leurs discours, à les structurer, à improviser, à évaluer des orateurs et à utiliser le langage vocal et corporel. Ils apprennent aussi les rudiments de la gestion d’un club Toastmasters, en particulier pour établir le programme des séances. Cette formation est basée sur SpeechCraft, un produit dérivé de Toastmasters.

DES RÉSULTATS PROMETTEURS

Cette approche a été testée pour lancer trois nouveaux clubs d’entreprise, dans deux sociétés d’informatique et une entreprise spécialisée dans l’exploration pétrolière. Les résultats sont très positifs. L’un d’eux a rapidement atteint plus de trente membres et un de ses représentants est devenu, l’année suivante, le meilleur orateur de la région parisienne. Le deuxième, de son côté, avait déjà 23 membres, après trois mois seulement d’existence.

Si le 3ème club n’a pas réussi à décoller, il l’a dû à la faiblesse numérique de son bureau. Un club Toastmasters, en effet, ne fonctionne bien que s’il a un bureau solide avec, par exemple, un VP Formation pour la programmation des réunions, et un VP Relations Publiques qui accueille les invités. Ce club n’avait qu’une seule personne pour faire tout cela, ce qui est très insuffisant. A contrario, les deux autres clubs avaient dès le début 4 et 7 personnes respectivement dans leur bureau.

DE MULTIPLES RETOMBÉES

Les bénéfices de cette approche sont multiples. Tout d’abord, le club qui organise la formation peut faire payer sa prestation. Cette rémunération lui procure des ressources supplémentaires permettant d’améliorer son fonctionnement. De plus, les formateurs, tous membres bénévoles du club, y voient une nouvelle opportunité de pratiquer leurs talents oratoires devant un public différent des séances du club. Ils exercent ainsi des compétences éducatives leur permettant d’approfondir leur expertise. Enfin, l’accompagnement d’un club en formation permet l’obtention d’un certificat de la part de Toastmasters nécessaire pour recevoir le “graal” de DTM.

Pour le club en formation, cette formation permet d’édifier rapidement un environnement d’apprentissage de qualité. Et même si le club n’est pas créé, elle expose au moins une quinzaine de personnes à la méthode Toastmasters, leur permettant de progresser dans leur prise de parole en public pour s’inscrire éventuellement dans un autre club.

Dans le prochain article, nous allons décrire en détail les étapes de cet accompagnement à l’aide de SpeechCraft.

POUR ALLER PLUS LOIN

Vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement d’un club Toastmasters? Venez donc assister à une de nos prochaines séances. C’est ici.

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Communication Psychologie Toastmasters

Evaluer sans blesser

Parler à la 1ère personne – avec un « message Je » – est une façon de critiquer sans démotiver

L’évaluation est la clé de voûte de la méthode Toastmasters. Mais, pour être efficace, elle doit apporter une critique constructive à l’orateur. Sans toutefois le blesser car il pourrait alors perdre sa motivation. Ainsi, un des moyens d’y arriver est le message Je.

Qu’est-ce que le message Je ?

“Tu as toujours le défaut de te dandiner quand tu prononces un discours”. Même si ce jugement part d’une bonne intention, celle de faire progresser l’orateur, ce dernier pourrait le ressentir comme une mise en accusation. Car c’est un message Tu, sous la forme “tu devrais” ou “tu ne devrais pas”.

Au contraire, le message Je exprime comment l’émetteur du message (ici l’évaluateur) voit les choses personnellement. Par exemple : “j’ai été perturbé par ton dandinement. Car cela a distrait mon attention et m’a empêché de me concentrer sur le contenu de ce que tu disais. Aussi, à la place, tu pourrais essayer de rester stable sur tes deux pieds”. De ce fait, l’évaluateur décrit comment il ressent le discours, et l’effet qu’il a sur lui, sans porter de jugement sur ce que l’orateur a fait ou n’a pas fait.

Selon le psychologue américain Thomas Gordon, le message Je améliore les relations interpersonnelles. D’après lui, le message Je sert par exemple à décrire le comportement inapproprié d’un enfant sans lui faire de reproche. De ce fait, le message Je est bien plus efficace pour motiver le changement de comportement que le message Tu.

EST-CE que ça marche ?

Afin d’étudier les effets du message Je, les chercheurs en psychologie sociale ont trouvé qu’il suscitait chez le récepteur du message moins d’émotions négatives et davantage de compassion et de coopération que le message Tu. De même, dans les conflits inter-personnels, le message Je signale que l’émetteur est prêt à communiquer son propre point de vue et qu’il est ouvert à la négociation.

D’autre part, les messages Je sont mieux mémorisés et déclenchent une plus grande réactivité émotionnelle. Également, dans les relations de couple, le message Je est associé à une meilleure capacité à résoudre les problèmes et à une plus grande satisfaction des partenaires. A l’inverse, la fréquence des messages Tu est liée à une moindre qualité de la relation.

comment préparer un messages je ?

Le message Je comporte 4 éléments :

  • D’abord une description du comportement problématique, le plus factuellement possible
  • Le ressenti de la personne face à ce comportement
  • Les  conséquences du comportement, en particulier comment il contrarie la satisfaction d’un besoin ou l’atteinte d’un objectif
  • Une proposition sous la forme d’une demande, d’un souhait ou d’un questionnement

Le tableau ci-dessous présente des exemples de message Je dans trois situations différentes :

  Évaluation de discours Relations conjugales Relations parent-enfant
Contexte L’évaluateur fait un retour sur le langage corporel de l’orateur L’un des partenaires est mécontent de faire le ménage Le parent s’inquiète des retards répétés de son enfant
Comportement problématique “Ton déplacement incontrôlé”(“dandinement”) “Je fais tout le ménage de la maison” “Le conseil de classe m’a fait part de tes retards répétés”
Ressenti “J’ai été distrait” “C’est injuste” “Je crains que tu ne sois exclu du lycée”
Conséquences “Cela m’a empêché de me concentrer sur le contenu du discours” “C’est important pour moi l’égalité dans le couple” “Cela va nuire à ta scolarité”
Proposition “Pourquoi ne pas rester stable ?” “Tu devrais m’aider” “Peut-on en parler ?”

 

Les applications du message je

Le message Je est utile chaque fois que l’on veut exprimer une critique ou une insatisfaction sans agressivité. En voici des exemples :

Pour une évaluation Toastmasters, le message Je peut prendre la forme suivante : ce que l’orateur a dit/fait, l’effet que j’ai ressenti, le pourquoi de cet effet et, enfin, une piste d’amélioration.

Au cours d’un échange commercial, par exemple avec le service client d’un fournisseur: “Je commence à perdre patience <ressenti du client>, Je n’aime pas les promesses non tenue <la raison du ressenti>, j’ai besoin de cet appareil en bon état de fonctionnement <conséquence/expression du besoin>”.

Dans le cadre d’un accompagnement d’insertion professionnelle, “Quand nous nous mettons d’accord à la fin d’une séance sur des actions et que, la séance suivante, je constate que ces actions n’ont pas été entreprises < comportement problématique>, je suis triste <le ressenti> parce que je me sens inutile <la conséquence du comportement>.

Le message Je joue également un rôle dans la résolution de conflit afin d’exprimer ses propres intérêts.

Pour aller plus loin

Le message Je permet d’exprimer son point de vue sans blesser. En cela, il est très utile dans les évaluations de discours. De fait, la pratique de l’évaluation permet d’entraîner cette compétence- clé utile dans bien d’autres situations.

Si vous voulez assister à ce type d’évaluation, venez participer à une de nos prochaines réunions. C’est ici.

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Communication Toastmasters

Un chercheur peut-il conquérir son public en moins de 3 minutes ?

La gagnante de “Ma thèse en 180 secondes” nous montre comment

Traitement du syndrome d’apnée obstructive du sommeil par pression positive continue : étude des données de télésurveillance pour comprendre l’impact des modifications du traitement et prédire les évènements aigus. Voilà un sujet de discours qui n’intéresse qu’une poignée d’experts, n’est-ce-pas ?

Pourtant, avec un tel sujet, Alphanie Midelet vient de remporter la finale française du concours « Ma thèse en 180 secondes ». Ce concours permet aux doctorants de présenter leur sujet de recherche à un auditoire profane. Chaque étudiant ou étudiante doit faire, en trois minutes, un exposé clair, concis et convaincant sur son projet de recherche.

Dans ce billet, nous allons évaluer son discours selon la méthode Toastmasters et comprendre comment rendre accessible un sujet compliqué. Comme Alphanie va défendre les couleurs de la France pour la finale internationale à Montréal dans quelques mois, peut-être pourrons-nous lui donner quelques conseils pour s’améliorer et remporter la palme d’or.

guider l’auditeur pas à pas

Le premier défi que relève Alphanie Midelet est d’éviter de perdre son auditeur sur le chemin d’une explication compliquée. Pour cela, elle adopte une structure simple et efficace : un problème à résoudre (comment bien régler l’appareil d’apnée du sommeil), une solution (les algorithmes développés par la chercheuse) et les bénéfices (éviter les crises cardiaques).

Une structure simple prend par la main le public pas à pas. En plus, la jeune femme prend soin de disposer des poteaux indicateurs en chemin pour rappeler la structure.

Enfin, sa conclusion, en 5 secondes, résume le message.

captiver l’attention du public et la soutenir

La chercheuse rend son discours captivant grâce à une combinaison idéale de stylistique, de variété vocale et de gestuelle.

Sur le plan du style, elle file, tout au long de son propos, la métaphore météorologique qui est bien appropriée au sujet de la respiration. Quelques chiffres sur la maladie du sommeil ça et là rendent sa parole plus convaincante.

Elle utilise à merveille la prosodie des mots : par exemple “dormir en respirant, c’est important” en les scandant comme dans une ritournelle. Elle manie la variété vocale, comme quand elle imite l’enfant.

Enfin, elle se sert de ses mains à plusieurs occasions, pour évoquer l’apnée du sommeil et les voies aériennes qui se bouchent et pour évoquer les différentes catégories de patients. Cela lui permet d’enrichir son discours en l’accompagnant sur le plan non verbal.

quelques maladresses aisément rectifiables

Si la conclusion résume bien l’ensemble du discours, elle mériterait cependant d’être un peu moins scolaire et d’ouvrir des perspectives. Pourquoi pas une citation qui reprendrait la métaphore météorologique ?

Son débit de parole est parfois trop rapide. Cela nuit à la compréhension, comme par exemple le passage sur le cœur et son lien avec la respiration. Sans doute pressée par le temps, Alphanie a cherché à placer plus de mots. Au contraire, elle pourrait essayer d’en éliminer quelques-uns pour garder un débit suffisamment lent pour une bonne compréhension.

Enfin, ses mains en feuilles de vigne du début et de la fin ne sont pas des plus seyantes. Il serait préférable de laisser les bras tomber naturellement le long du corps

pour aller plus loin

Finalement, Alphanie démontre qu’un discours n’a pas besoin d’être long pour être clair et que même la science la plus compliquée peut être captivante. Nous lui souhaitons bonne chance pour la suite de la compétition.

En attendant, si vous aussi vous rêvez de raconter votre histoire en séduisant ceux qui vous écoutent, venez assister à l’une de nos réunions. Pour s’inscrire, c’est ici.

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Communication Psychologie Toastmasters

La gestion de soi ou comment devenir prix Nobel de littérature

La gestion de soi est une méthode simple utilisée par nombre d’écrivains pour soutenir leur motivation

Dans sa propriété de Key West, à la tombée du jour, l’écrivain inscrit le nombre de mots écrits dans la journée sur le graphique épinglé sous la tête de la gazelle ramenée d’Afrique. Les veilles de sortie en mer, il écrit davantage pour se sentir moins coupable de la journée passée loin de sa table de travail.

Ce maniaque n’est autre qu’Ernest Hemingway, prix Nobel de littérature et auteur prolifique. Il illustre la gestion de soi, cette capacité à contrôler son activité, ici l’écriture, pour atteindre l’objectif que l’on s’est fixé. La gestion de soi est particulièrement utile à l’écrivain dont la motivation est mise à rude épreuve, en particulier par les inévitables lettres de rejet des éditeurs qu’il reçoit au cours de sa carrière.

La gestion de soi repose sur trois piliers : objectif, observation et évaluation.

SE FIXER UN OBJECTIF AMBITIEUX

Comment savoir qu’on est arrivé si l’on n’a pas d’adresse ? Ainsi que les psychologues l’ont démontré, il y a longtemps déjà, il faut fixer un but à ses actions. En particulier, ils ont remarqué que plus l’objectif était audacieux, plus forte la motivation, plus grand l’effort déployé et, in fine, meilleur le résultat.

Pour cela, un but doit avoir trois caractéristiques : être très spécifique, ambitieux et borné par une échéance. Ainsi, l’auteur américain de best-sellers Irving Wallace se fixait un nombre hebdomadaire de pages à produire, proportionné au temps qu’il consacrait à l’écriture.

SAVOIR S’OBSERVER

Observer le comportement que l’on souhaite améliorer fournit l’information utile au progrès. Quels sont les obstacles qui s’opposent au but qu’on s’est fixé ? Dans quelles circonstances est-on plus ou moins performant ? En outre, observer permet de constater le succès des stratégies déployées et l’évolution vers le but. C’est ce que faisait Hemingway avec ses relevés quotidiens.

ÉVALUER DE MANIÈRE CONSTRUCTIVE

Évaluer, c’est critiquer son comportement de manière constructive et bienveillante. C’est se donner des conseils en vue de s’améliorer, souvent par petites touches. Hemingway avait remarqué en s’observant qu’il perdait du temps en reprenant le travail de la veille. Il eut l’idée de s’arrêter au milieu d’une phrase pour reprendre le lendemain sans retard à partir de cette phrase.

Pour ma part, quand j’écris un discours, j’ai pris l’habitude d’établir un plan détaillé. J’ai remarqué que cela libérait mon esprit en phase de rédaction.

Le cas échéant, l’évaluation permet d’adapter l’objectif s’il s’avère irréaliste ou de s’en fixer un plus ambitieux s’il est vite atteint.

POUR ALLER PLUS LOIN

Objectif, observation et évaluation, ce sont aussi les piliers de la méthode Toastmasters qui permet à nos membres de ne plus appréhender les prises de paroles en public. Intéressés ? Venez donc assister à l’une de nos soirées conviviales. C’est ici.

 

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Les enseignements des grands orateurs de l’Histoire: Cicéron

Pour Cicéron, l’immense orateur latin, l’éloquence fut le moyen d’accéder aux plus hautes fonctions de la République romaine

Jusqu’à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? » Dans l’enceinte du Sénat romain, ces mots de Cicéron résonnent comme un glas. Ils convaincront les sénateurs romains de mettre fin aux conjurations de Catilina.

Dans cet article, nous poursuivons avec Cicéron, l’un des hommes politiques les plus célèbres de l’Antiquité, la série des portraits de grands orateurs de l’Histoire. Son éloquence réputée lui aura permis de s’extraire de sa condition relativement modeste. Et aussi de défendre la République romaine contre les coups de ses adversaires.

PREMIÈRES ARMES

Cicéron naît dans une famille de la petite bourgeoisie latine . C’est pourquoi l’aristocratie romaine niera sa légitimité pour embrasser une carrière politique d’envergure. Quelques mois d’un service militaire déplaisant le dégoûtent du métier des armes. Par là, il se démarque de son contemporain Jules César dont plusieurs membres de la famille étaient déjà d’éminents praticiens et qui se couvrit de gloire dans ses campagnes militaires.

Dans sa jeunesse, Cicéron étudie le droit, la philosophie et la rhétorique. Un de ces maîtres, Philon de Larsa, lui enseigne, dans la tradition des penseurs grecs, que c’est en opposant les points de vue que surgit la vérité. Il commence alors une carrière d’avocat. Son éloquence lui fait gagner des procès rendant ainsi ses clients redevables pour se constituer un solide réseau d’influence.

Le fait d’arme qui le rend célèbre est le procès contre Verrès. Ancien propréteur de Sicile, ce dernier a trempé dans des affaires de corruption et de pillage d’œuvres d’art. La plaidoirie de Cicéron est si brillante que son adversaire, que défend pourtant le plus grand orateur de l’époque, s’enfuit à Marseille pour échapper à une condamnation certaine.

L’HOMME POLITIQUE

A 30 ans, l’âge minimum légal, il entame le “cursus honorum”, pour accéder aux plus importantes magistratures publiques. D’abord questeur, puis édile, il devient consul, le poste le plus élevé dans la République romaine. Il est le premier “homo novus” (homme nouveau, c’est-à-dire n’ayant aucun magistrat dans sa famille) à exercer cette charge. Ce parcours politique brillant n’a bénéficié d’aucun autre appui que son prestige d’avocat et d’orateur. L’éloquence a constitué, en quelque sorte, son “ascenseur social”.

Cicéron était-il cet orateur pompeux décrié par Montaigne qui disait de lui : “[sa] pratique oratoire …, c’est l’art de faire des grands souliers pour un petit pied”? Au contraire, son apport à l’art rhétorique est, néanmoins, immense.

LE THÉORICIEN DE L’ÉLOQUENCE

Pour la postérité, Cicéron est d’abord un théoricien dont les traités d’éloquence ont traversé les époques jusqu’à nous. Comme le De Inventione, sur la composition de l’argumentation, ou le De Oratore, sur l’art oratoire en général. Il a ainsi défini les conditions pour que l’homme de parole, mêlant habileté politique et rhétorique, inspire le gouvernement de la cité.

Pour lui, un grand orateur doit occuper une place de premier plan dans cette cité, plus éminente que les militaires. Sa devise était d’ailleurs “Que les armes le cèdent à la toge”. A cette fin, le (bon) discours a trois fonctions complémentaires: instruire en prouvant ce qu’on affirme, plaire pour se concilier la bienveillance de l’auditoire et émouvoir pour éveiller les émotions utiles à la cause.

Il a, en particulier, codifié l’“inventio”, ce moment, dans l’élaboration d’un discours, où l’orateur recherche les idées pour chacune des parties de sa prise de parole que sont l’exorde, la narration, la division, la confirmation, la réfutation et la conclusion. Par exemple, l’exorde, dont dépend le succès de tout le discours, doit, selon Cicéron, capter l’attention des auditeurs sur le sujet présenté, concilier leur bienveillance et montrer que l’intérêt du public rejoint celui de l’orateur.

ENCORE D’ACTUALITÉ DE NOS JOURS

De tels objectifs sont ceux de l’introduction d’un discours moderne bien structuré, telle qu’on l’enseigne chez Toastmasters. A cet égard, Cicéron peut être considéré comme l’inventeur du concept de convenance, cette capacité de l’orateur à adapter son discours aux circonstances, car, pour lui, le bon rhéteur ne doit pas s’adresser à tout le monde de la même façon.

Cicéron fut aussi un praticien, qui prononça 150 discours marquants en 40 ans de carrière. Chez Toastmasters, il aurait pu donc être 4 fois DTM1 ! Avec ses élèves, il se livrait à des exercices oratoires sur des thèmes d’actualité, sans doute proches des Table Topics™ de Toastmasters.

POUR ALLER PLUS LOIN

Cicéron représente donc la quintessence de l’éloquence latine. Son expertise lui a permis de gravir un à un les échelons de la République romaine. Malheureusement, les armes ont eu raison de lui puisqu’il mourut assassiné à l’âge de 63 ans, sur ordre de son ultime ennemi, Marc-Antoine.

Il n’en reste pas moins que sa gloire d’orateur a traversé les siècles. Voulez-vous rencontrer les Cicérons de demain? Venez donc assister à une réunion Toastmasters. C’est ici.

 

1    DTM : Distinguished Toastmaster. C’est le plus haut niveau atteint par un adhérent.

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Communication Toastmasters

Bien parler en public est à la portée de n’importe qui !

Dans cette formation, notre ami Alain nous révèle les secrets d’un discours qui fait mouche

Un discours bien structuré est déjà à moitié réussi. Le Romain Quintilien, le prince des rhéteurs, ne s’y est pas trompé qui considérait la structure (dispositio en latin) comme l’un des cinq piliers de la rhétorique.

Qui d’autre que notre collègue Alain, le “serial champion” de Toastmasters, est mieux placé pour nous en parler ? Dans cette formation proposée à nos membres, il nous donne les clés d’une bonne structure de discours.

Une introduction qui captive

Le but de l’introduction est, avant tout, d’attirer l’attention du public. Elle doit aussi exprimer succinctement l’objectif du discours. Alain a coutume de dire qu’un orateur doit prendre la parole pour “changer le monde”. Le discours doit porter un message.

Pour que ce message rencontre l’auditeur, l’introduction doit aussi évoquer les bénéfices dont celui-ci pourra tirer parti. Il faut pour cela que l’orateur connaisse son public. Alain réussit, en une phrase, à faire passer ce message centré sur l’auditoire : “Tout individu est capable de s’exprimer en public à condition de respecter trois principes de base”. Voilà un message qui ne peut que conquérir l’attention d’orateurs en devenir que sont les Toastmasters.

Enfin, l’introduction doit aussi affirmer la crédibilité de l’orateur. Il s’agit de l’ethos cher à Aristote. Ici, Alain fait témoigner ses nombreuses années de Toastmaster comme gage de son expertise.

Un développement qui respire la vie

Le corps du discours accomplit la promesse contenue dans l’introduction. Ainsi, il se compose d’arguments ou de conseils destinés à soutenir le message et à matérialiser les bénéfices attendus par le public.

L’orateur expérimenté sait insuffler de la vie dans ce développement, grâce, notamment aux histoires, au style, aux dialogues, voire à la prosodie des mots.

Une conclusion qui marque

Ce qui rend un discours vraiment mémorable, c’est avant tout la conclusion. Car c’est en général ce dont se souvient l’auditeur, même de longues années après avoir entendu ce discours.

Pour aller plus loin

Vous rêvez vous aussi de prononcer des discours qui fassent mouche ?

Venez donc nous rendre visite lors d’une prochaine réunion pour constater les bénéfices de la méthode de nos deux clubs Toastmasters.

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Le mentorat ou la machine à motivation

Le mentorat est l’objet d’une attention spécifique au sein de nos deux clubs

Les membres de Toastmasters ont toujours eu l’habitude de se soutenir et de s’encourager mutuellement par le biais du mentorat. Ce dernier constitue une expérience bénéfique pour le mentoré comme pour le mentor. Fidèles à cet esprit, nos deux clubs Toastmasters ont lancé récemment un programme de renforcement du mentorat.

Dans cet article, nous allons parler de la place du mentorat dans l’apprentissage Toastmasters. Nous évoquerons une nouvelle approche de mentorat, l’entretien motivationnel. Enfin nous donnerons quelques clés pour l’utiliser concrètement.

A quoi sert le mentorat ?

Chez Toastmasters, un membre progresse en fonction de son assiduité aux réunions. Il doit aussi préparer des discours. Cela demande certes du temps, mais surtout de la MOTIVATION.

Après leur adhésion, les nouveaux membres sont en général très motivés. Ils évoquent souvent leurs désirs de progresser (par ex. « je souhaiterais être plus à l’aise en réunion ») ou leurs besoins (par ex. « on vient de me promouvoir. On m’a dit que je dois m’améliorer en communication »). Ils ont aussi de bonnes raisons de participer (par ex.  « grâce à Toastmasters, j’aurai davantage confiance en moi »). La dynamique de groupe joue à plein par effet de contagion (« s’il y arrive, pourquoi pas moi? »). Ou par imitation des autres membres (« tiens c’est un truc que je pourrais essayer moi aussi »). Le rôle du mentor est de l’aider à passer immédiatement à l’action. Pour cela, il donne au mentoré l’information dont il a besoin pour éviter les frustrations de départ.

Cependant, il arrive parfois, qu’après les premières réunions, le nouvel adhérent éprouve des sentiments plus mélangés. Ainsi, le mentor entend des phrases comme « Je veux participer quand ça me chante ». Ou bien « Je n’arrive pas à éviter les hésitations ». Ou encore « Je dois maintenant concentrer mon énergie à d’autres projets que Toastmasters ».

S’il commence à manquer des réunions, le membre a l’impression que d’autres, arrivés après lui, sont meilleurs. Il devient ambivalent. Le rôle du mentor est alors d’accompagner le mentoré à surmonter cette ambivalence.

surmonter ses doutes

Dans un club Toastmasters, les mentors ont acquis une telle expérience, en participant à des réunions ou à des concours, qu’ils croient bien faire en partageant cette expérience avec leurs mentorés. Chemin faisant, ils emploient souvent un langage directif (« vous devez », « il faut », « vous vous êtes engagé ») et donnent de l’information non sollicitée dont regorge la communauté Toastmasters. Cela s’appelle le réflexe de l’expert.

C’est souvent CONTREPRODUCTIF. En effet, donner des conseils, qui plus est non sollicités, élargit le décalage entre la perception de l’expert/mentor et celle du mentoré. Il pousse ce dernier à adopter, à contre-cœur, un comportement auquel il n’est pas encore prêt. Car, spontanément, un individu se fait confiance, y compris dans ses propres doutes. Lui donner des injonctions restreint sa liberté et diminue la confiance qu’il s’accorde à lui-même. En psychologie, ce phénomène est connu sous le nom de réactance.

L’entretien motivationnel POUR y arriver

L’entretien motivationnel a justement été conçu pour aider une personne à explorer et résoudre son ambivalence sans déclencher de réactance. Il s’agit d’une conversation collaborative permettant à la personne d’exprimer ses motivations et de renforcer ses capacités de changement. De nombreux domaines utilisent cette approche, dans la santé (traitement des addictions, auto-gestion des maladies chroniques), la justice (comme précurseur à des traitements de comportements violents) et le travail social (insertion professionnelle, orientation des adolescents). Elle est parfaitement adaptée pour le mentorat.

Le principe cardinal de l’entretien motivationnel est de développer une relation empathique, centrée sur la personne pour lui permettre d’explorer et de résoudre son ambivalence. Pour cela, la conversation évolue en plusieurs étapes vers cette résolution :

  • Tout d’abord, établir une relation de confiance
  • Ensuite, se concentrer sur un objectif accepté voire même suggéré par le mentoré
  • Puis, évoquer l’ambivalence du mentoré par rapport à cet objectif pour l’approfondir et faire émerger le langage de changement
  • Enfin, le responsabiliser pour passer à l’action
L’entretien en pratique

Au cours d’un entretien motivationnel, le mentor est amené à utiliser 5 outils conversationnels très simples. Ils correspondent chacun à une lettre de l’acronyme OuVERD :

  • Poser des questions Ouvertes. A la différence des questions fermées auxquelles on répond par oui ou par non, elles permettent au mentoré de développer sa réponse. Par exemple “Pour quelles raisons voulez-vous vous améliorer en communication ?”, “Comment pourriez-vous vous y prendre pour y arriver ?”, “ ou bien “Et maintenant que pensez-vous faire ?”
  • Valoriser les forces, les valeurs et les efforts du mentoré. Cette technique est familière au Toastmaster car il l’utilise fréquemment pour ses évaluations. Elle augmente la confiance en soi du mentoré.
  • Ecouter en reflet pour vérifier qu’il a bien compris le mentoré. Cette technique est au cœur de l’empathie. Elle consiste à répéter ce que vient de dire le mentoré. Les reflets peuvent être simples, en paraphrasant ce qui vient d’être dit, double, en reflétant deux assertions qui semblent se contredire, exagéré, en amplifiant volontairement le reflet ou hypothétique, en émettant une supposition qui complète la parole de la personne. Ces reflets ont pour but de permettre à la conversation de se développer et d’explorer toutes les facettes de l’ambivalence, en suscitant un discours-changement
  • Résumer de temps en temps, pour rappeler le discours-changement exprimé par le mentoré
  • Donner de l’information en demandant la permission au mentoré et à condition que cela corresponde à un besoin. Cela a pour but de ne pas déclencher le réflexe de l’expert
Pour aller plus loin

Un mentor efficace donne les bonnes informations au bon moment et aide le mentoré à surmonter ses doutes. En cela, l’entretien motivationnel améliore la relation mentoré-mentor, la rendant moins directive et favorisant l’autonomie.

Venez donc nous rendre visite lors d’une prochaine réunion pour constater les bénéfices du nouveau programme de mentorat de nos deux clubs Toastmasters.

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Communication Psychologie Toastmasters

La dramaturgie appliquée à l’art oratoire

Depuis la nuit des temps, la dramaturgie a créé nombre d’œuvres au théâtre ou au cinéma. Elle peut aussi rendre un discours plus efficace

N’importe quel orateur un peu expérimenté le sait. Un bon discours se doit de capter immédiatement l’attention de l’auditeur. Il doit soutenir celle-ci dans la durée pour rester dans les mémoires. C’est, finalement, la même chose qu’une bonne série Netflix qui repose sur un récit palpitant. Dans son livre La Dramaturgie, Yves Lavandier a recensé les principes auxquels obéit tout récit de bonne qualité dramatique.

Les applications vont du théâtre à la bande dessinée, en passant par le cinéma et, donc, les séries télévisées. Comment ces principes pourraient-ils aussi s’appliquer aux discours qu’on prononce dans les réunions Toastmasters?

Cet article présente les principes de la dramaturgie, son apport à la rhétorique et les règles pour « dramatiser » un discours.

Qu’est-ce que la dramaturgie?

Pour Lavandier, le récit dramatisé entraîne un personnage à la poursuite d’un objectif. En chemin, il rencontre des obstacles qui s’y opposent. Il en existe plusieurs variantes.

Ainsi, le voyage du héros dépeint les péripéties d’un homme ordinaire affrontant des obstacles extraordinaires. Ceux-ci contribuent à le rendre meilleur et, à travers lui, l’ensemble de l’humanité. La saga Star Wars a usé jusqu’à la corde ce type de récit.

Dans la tragédie, le héros progresse grâce à ses qualités. Puis ses propres défauts le conduisent inéluctablement à sa chute. Le destin d’Œdipe en est un modèle emblématique.

Pour les discours, la dramaturgie présente deux intérêts. Elle en renforce le caractère persuasif. Et elle en facilite la mémorisation pour le public.

DES EFFETS PROUVES

Les publicitaires utilisent souvent la persuasion narrative lorsqu’ils saupoudrent leurs messages de personnages sympathiques ou d’histoires drôles. Jennifer Edson Escalas de l’Université Vanderbilt a montré qu’un auditoire répondait plus positivement aux publicités sous une forme narrative plutôt que sous forme d’arguments en faveur du produit.

Une autre chercheuse, Mélanie Green, dans une étude de 2006, a montré que si on percevait une information comme factuelle, celle-ci réveillait l’esprit critique chez le récepteur. Si, en revanche, on la percevait comme une fiction, elle avait l’effet inverse. Les gens accepteraient les idées plus facilement lorsque leur esprit est en mode récit plutôt qu’en mode analytique.

De son côté, Chip Heath a demandé à ses étudiants de Stanford de prononcer un discours sur la criminalité. 63% des auditeurs se souvenaient des discours comportant des histoires. Et seulement 5 % se souvenaient de ceux avec des statistiques. Les histoires favoriseraient la mémorisation par les émotions qu’elles déclenchent.

La dramaturgie appliquée à la rhétorique

Si la dramaturgie enrichit un discours, comment l’utiliser à bon escient? L’art de raconter des histoires, quand il est appliqué à la rhétorique, obéit à ses propres règles.

Tout d’abord, un discours, par nature très court, doit être concis. L’introduction doit ramasser en quelques phrases la description du futur héros, son objectif et le déclenchement du récit. Pour susciter l’empathie du public, l’enjeu doit être clair et universel. Ensuite, la caractérisation des personnages ne peut qu’être schématique, par exemple en caractérisant le héros par son activité. La conclusion doit comporter une chute. Enfin, une bonne histoire doit converger vers un but, idéalement une vérité découverte par l’orateur.

Pour injecter de la dramaturgie, deux approches sont envisageables. Tout d’abord, l’approche descendante. A partir de la proposition du discours, l’orateur réfléchit aux histoires, personnelles ou non, qui pourront illustrer cette proposition. Ensuite, l’approche ascendante ; elle part d’une histoire captivante et en cherche un sens qui puisse devenir une proposition de discours. Une fois que l’histoire se dessine, sa qualité peut être améliorée grâce à une checklist avant de la détailler dans le plan du discours. Cette même checklist peut s’utiliser pour évaluer, en vue de l’améliorer, un discours existant sous l’angle de la dramaturgie.

POUR ALLER PLUS LOIN

En conclusion, la dramaturgie rend un discours plus intéressant. Dans un prochain article, nous étudierons comment ces principes ont été appliqués (ou pas) à un discours humoristique. En attendant, si vous voulez écouter de bons récits dramatisés, venez nous rendre visite. C’est ici.

 

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Comment persuader avec Aristote ?

Ethos, logos et pathos sont les trois ingrédients indissociables d’un discours persuasif

Quand un orateur cherche à persuader son auditoire, il pense souvent que les arguments logiques suffiront à convaincre. Rien de plus faux !

« Quand bien même nous posséderions la science la plus exacte, il ne nous serait pas facile de persuader certains hommes en puisant notre discours à cette seule source » écrivait Aristote dans la Rhétorique, il y a 24 siècles.

Dans cet ouvrage, il livre les principes de l’ »art de bien parler ». En particulier, il nous fait comprendre qu’un discours persuasif est loin d’utiliser uniquement la raison. Il repose, en fait, sur trois registres bien différents : le logos, l’ethos et le pathos. Dans ce billet, nous allons éclairer ces trois notions et montrer quels moyens rhétoriques permettent de les mettre en scène.

Logos, ethos, pathos : de quoi s’agit-il ?

“Les preuves inhérentes au discours sont de trois sortes : les unes résident dans le discours lui-même, lorsqu’il est démonstratif, ou qu’il paraît l’être [logos], d’autres dans le caractère moral de l’orateur (ethos]; d’autres enfin dans la disposition de l’auditoire [pathos]” (Aristote, Rhétorique)

D’après le philosophe grec, il y a donc tout d’abord, le logos. C’est la démonstration, la dimension logique du discours. Elle sert à influencer l’opinion du public par la force des arguments, la clarté du message et la justesse des exemples utilisés.

Ensuite, le registre de l’ethos a trait au caractère moral de l’orateur, en tout cas à l’image qu’il présente de lui à son public. L’ethos vise à inspirer la confiance de l’auditoire en rendant crédible l’orateur. Ainsi, il convainc qu’il vaut la peine d’être écouté. Soit parce qu’il est une autorité incontestée ou, à défaut, qu’il est une personne agréable ou digne de respect.

Enfin, le pathos est la disposition de l’auditoire, c’est-à-dire la manière dont l’orateur perçoit son public, s’y adapte et s’adresse à ses émotions. Le pathos permet de placer l’auditoire dans de bonnes conditions émotionnelles. Par là même, l’orateur s’attire la sympathie de l’auditoire en suscitant chez lui des émotions.

Le discours persuasif est comme un cadeau que l’orateur offre à son auditoire. Son succès ne dépend pas que de l’objet offert (la démonstration, le logos), mais aussi de ce que l’auditoire pense de l’orateur (ethos) et de l’effet que l’orateur pense que l’objet fera sur son auditoire (pathos). Ces trois registres ne sont pas indépendants et doivent se mêler harmonieusement dans un discours persuasif réussi.

Les outils rhétoriques pour jouer sur ces trois registres

Nous avons décrit dans un autre billet les éléments caractéristiques d’un bon discours : une structure solide, un style adéquat, une voix qui soutient le discours et un langage corporel approprié. Voyons comment ces éléments s’agencent par rapport aux 3 domaines que sont le logos, l’ethos et le pathos.

Dans le registre du logos, l’orateur fait surtout appel aux arguments en faveur de la thèse qu’il défend. Un discours bien organisé permet d’enchaîner ces arguments avec logique. L’introduction lui permet d’exposer sa thèse dès le départ, tandis que la conclusion va permettre de la résumer. Entre les deux, faits, données chiffrées, preuves sont autant d’outils soutenant le message.

Pour ce qui est de l’ethos, c’est à dire la crédibilité de l’orateur, le sujet du discours doit être en phase avec l’expertise de celui qui s’exprime. En même temps, la prise de parole doit être l’occasion de mettre en évidence des valeurs partagées entre le public et l’orateur. Ainsi, une connivence entre l’intervenant et son public se crée. L’introduction a pour rôle de donner immédiatement du crédit au discours et à son auteur. Une structure bien lisible va permettre aux auditeurs, qui en sauront gré à l’orateur, de le suivre facilement. Sur le plan vocal, la qualité de la voix est fondamentale pour asseoir l’ethos et véhiculer enthousiasme et assurance. Celui qui prend la parole aura à cœur de parler sans hésitations. Enfin, les geste amples et exempts de nervosité témoignent de la confiance en soi de l’orateur.

Pour le pathos enfin, le choix d’un sujet adapté au public permet de le captiver. L’introduction doit marquer les esprits et attirer l’attention immédiatement, si possible en maniant l’émotion (par exemple la colère ou l’humour). Des mots bien choisis et des images qui ont appel aux 5 sens susciteront l’émotion. L’art du récit, avec la dramatisation qui l’accompagne, est un instrument fondamental pour transmettre l’émotion et maintenir l’attention de l’auditoire. La variété vocale permet d’éviter la monotonie tandis que le langage corporel souligne les moments critiques sur le plan émotionnel.

Pour aller plus loin

L’ethos et le pathos sont donc les compléments indispensables au logos pour réussir un discours persuasif. Dans un prochain billet, nous montrerons comment Steve Job dans son discours inaugural à l’Université de Stanford parvient, en jouant sur ces trois registres, à convaincre les étudiants de suivre leur passion.

Vous voulez observer des orateurs de chair et d’os prononcer des discours persuasifs de qualité ? Venez donc nous rendre visite lors d’une des prochaines séances de notre club Toastmasters. C’est ici.

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